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27 juin 2013

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Entretien avec une Vegan

Vegan-Symbol

Une de mes lectrices et amie ( Fauve de cabanevegetale) après avoir lu un de mes articles m’a demandé mon avis sur la philosophie Vegan, je partage avec vous notre échange brut, je pense qu’il peut en intéresser plus d’un.

Salut Jey,
J’ai lu ton article sur l’alimentation Paléo que j’ai trouvé très très intéressant, j’essayerais d’ailleurs de regarder la conference de Christina Warinner (je dis essayer, parce que mon anglais n’est surement pas assez bon pour comprendre la totalité du speech).
Je disais donc ton article super intéressant notamment « le mythe 1″ tu peux t’en douter.
J’ai lu pas mal de choses, d’hypothèses qui affirment en effet que physiologiquement nous sommes plus semblables aux herbivores et fruitariens qu’aux carnivores ou omnivores.

– Le mouvement de la mâchoire qui peut être horizontal comme les herbivores (mouvement de mastication) alors que les carnivores ont un mouvement exclusivement vertical.
– Le système digestif plus long que les carnivores
– Les molaires pour les fibres végétales et les canines pour les fruits dures.
– La vitamine C
– La protéine dans la salive qui permet la digestion des glucides (j’en ai oublié le nom) que l’on retrouve également chez les herbivores. Et une totale absence chez nous de la protéine responsable de la digestion de la viande, alors qu’elle est présente chez les carnivore et la plupart des omnivores.
Comme tu le cites dans ton article : le lait est un des premiers responsable de l’ostéoporose (0,8% d’ostéoporose en Corée, et 40% en europe).

Toutefois, j’ai lu que le coupable est en faite la protéine animale, qui provoque l’immédiate acidité du sang après ingestion, ce qui provoque une réaction du corps pour inhiber cette acidité, il récupère le phosphate qui se trouve dans les os et engendre la perte de calcium.
Et bien sûr les médecins et diététiciens nous balancent qu’il faut prendre des produits laitiers pour avoir du calcium… mais ça c’est une autre histoire !

Bref tout ça pour en venir au fait que je me pose vraiment la question :
Sommes nous réellement fait pour manger de la viande ?

Qui plus est, il y a un test simple : un enfant n’a aucun instinct de chasseur, il ira plutôt vers les pousses et les fruits plutôt que sur l’écureuil qui se balade a coté de lui.
Par exemple : Victor l’enfant sauvage (aveyron) trouvé 1797, on avait établit qu’hormis sa physionomie différente dû au fait qu’il se soit déplacé à 4 pattes, il avait survécu jusqu’a l’âge de 10 ans, en se nourrissant exclusivement de jeunes pousses, de fruits et de minéraux qu’il trouvait en léchant des rochers.
Alors je me pose réellement la question… Est ce que manger de la viande n’est pas plus une habitude plutôt qu’un réel besoin?

Après c’est indéniable, je l’observe tous les jours à la salle, un omnivore a une masse musculaire bien plus importante que celle d’un végétalien ou d’un fruitarien.
Et je me suis posé la question des protéines, oui on trouve des protéines végétales assez pour pouvoir vivre, mais je pense qu’il faut en manger de grande quantité afin de pouvoir se construire une masse musculaire aussi importante que celle de l’omnivore.

Du coup, j’ai cherché à droite à gauche et je suis tombé sur une étude (dont j’ai oublié le nom naturellement, je la retrouverais si ça t’intéresse…. ) faite sur un cheval.
Il donnait régulièrement du foin à un cheval et du jour eu lendemain ils ont commencés à nettoyer ce foin avant de le lui donner. Et après quelques jours, le cheval a commencé à montrer des signes d’affaiblissement, puis il à commencer à périr lentement. Les chercheurs en ont conclu que le cheval pourtant herbivore consommait de petits insectes qui se trouvaient dans le foin.
Alors j’ai fais un rapprochement un peu grossier, je te l’accorde. Je ne suis pas assez calé en la matière pour pouvoir m’étendre d’avantage.
Mais je me disais puisque nous avons une physiologie proche de celle d’un herbivore est ce que cela n’induirait pas que nous sommes en réalité insectivore et herbivore.
Les insectes étant concentrés en protéines, cela comblerait effectivement nos besoins journalier.
Après est-ce considéré comme de la protéine animale ?
Et dans ce cas la, le problème de la perte de phosphate serait le même ?
Voila je réfléchis à ça depuis quelques mois et comme tu abordes en partie le sujet je me suis dis que tu serais peut être capable de répondre à toutes mes interrogations !
Si tu as des études / articles sur le sujet je suis preneuse…

En devenant vegan, je me suis intéressé à l’alimentation d’un peu plus près et c’est épatant de voir qu’on est capable de soigner des cancers, diabètes et autres maladies parfois incurables, simplement en changeant d’alimentation !
A bientôt ! Et merci pour ton article ^^

Bonjour Fauve,
Désolé pour le retard, ta question m’a demandé pas mal de réflexion
Je pense que essayer de définir si l’homme est fait pour manger de la viande en comparant ses caractéristiques primaires avec celles des carnivores et une erreur car les humains ne sont pas carnivores mais plutot nécrophages.
Le carnivore aime la viande vivante et commence à manger sa proie pratiquement vivante lorsque le coeur est encore entrain de battre, et savoure le gout de la viande crue et du sang. L’homme est plutôt nécrophage, c’est à dire qu’il aime la viande lorsqu’elle a reposé un moment apès la mort. On attend toujours un peu les début de dégradation pour que la viande soit tendre avant de la consommer.

Je pense que la deuxième erreur vient du fait que lorsqu’on cherche à comparer les carnivores avec les hommes on compare deux choses qui ne peuvent pas l’etre. Le carnivore a toujours été carnivore et toute son évolution a été faite en fonction de ce régime alimentaire, le plus profond de sa physiologie ainsi que sa mémoire génétique comportementale sont imprégnés de la recherche de viande fraiche et de gout de sang frais.
L’homme était peut être à la base un frugivore, mais il se trouve que lorsqu’on est frugivore/herbivore de grande taille la recherche de nourriture prend une majorité du temps. Lors de son évolution l’homme a été confronté à la problématique de gérer son développement physique, ses aptitudes sociales de grand primate et le développement des possibilité que lui offrait son cerveau. Conserver un régime uniquement frugivore aurait ralenti sa progression intellectuelle et l’apprentissage de nouvelles aptitudes permis par l’augmentation de la taille de son cerveau.
Je définirais donc l’homme comme un mangeur de viande secondaire contrairement à un carnivore qui est un mangeur de viande primaire.Je pense que c’est pour cela que Victor n’a pas d’instinct de carnivore, la consommation de viande étant plutot liée à un apprentissage clanique, de plus le fait qu’il ait été seul fausse un peu la donne, pour que ça soit un argument valide, je pense qu’il aurait fallu pourvoir voir si plusieurs petits enfants abandonnés ensemble ne se mettent pas à chasser instinctivement… .

L’étude1 que je cite dans mon article propose donc qu’afin de se libérer des contraintes alimentaires limitant sa progression, il a évolué vers une double alimentation. La viande lui permettant de couvrir principalement ses besoins primaires en protéine, minéraux et quelques vitamines, pour laisser plus de place dans le système digestif pour les plantes riches en énergie comme les fruits, les noix, les racines ou le miel.
Je pense donc que la consommation de viande a été une composante de l’évolution de l’homme et qu’il s’y est « adapté » tardivement.

Pour le cheval, je n’ai pas d’argument particulier, je ne sais pas comment expliquer ce qui a été constaté. Les insectes étant riches en protéines, cela ne m’étonnerait pas qu’ils aient fait partie de l’alimentation de l’homme à un moment ou un autre…

En ce qui concerne la consommation de viande, il y a des études montrant que la viande rend malade, mais est ce que c’est la viande en elle meme ou la viande provenant d’élevages intensifs et donc de mauvaise qualité… Est ce que les personnes passant de la viande d’élevage à la viande nourrie à l’herbe « grass fed meat » n’ont pas les memes effets? Je me pose la question parce qu’on constate également de nombreux bénéfices lorsqu’on passe à l’alimentation paléo, et un des principes de l’alimentation paléo est de se tourner vers des viandes de bonne qualité.

Comme tu le vois, je trouve que la réflexion est extrêmement complexe.

Je considère ques la consommation de viande doit surtout être une question de choix et de philosophie personnelle, je ne pense pas qu’il faille forcément chercher à savoir si nous sommes fait pour manger de la viande ou non.
Personnellement, je respecte les choix des vegans, même si je n’y adhère pas, la période ou j’ai été végétarien était pour moi plus un comportement de protestation envers l’industrie alimentaire. Je me suis réconcilié avec la viande en faisant la connaissance de mon boucher de village qui monte dans le larzac choisir dans les patures les bêtes qu’il vendra dans sa boutique.

Voila, je t’ai répondu du mieux que j’ai pu!
A bientôt,
Jey

  1.  <a title= »The Critical Role Played by Animal Source Foods in Human (Homo) Evolution » href= »http://jn.nutrition.org/content/133/11/3886S.long »>Milton K (1987) Primate diets and gut morphology: Implications for hominid evolution. In: Harris M, Ross EB, eds. Food and evolution: Toward a theory of 
human food habits. Philadelphia: Temple University. pp 96–116</a> []
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3 Commentaires
  1. Super échange, merci pour ce partage d’opinions et de réflexions 😉

    Même si les livres que je vais vous citer ne font pas l’objet d’études, ils sont intéressants et amènent aussi à la réflexion. Je les ai lu et ils étaient plutôt réalistes, même si romancés.

    Sa majesté des mouches de William Golding est un roman qui décrit la vie d’une bande de garçons échoués sur une ile déserte. Il décrit la façon dont les enfants s’approprient l’île et comment ils se nourrissent. Cela rejoint un peu votre conversation…

    Pourquoi j’ai mangé mon père de Roy Lewis est aussi un roman qui décrit l’évolution de l’homme et surtout comment l’homme en est venu à manger de la viande… C’est une petite lecture plutôt sympathique, romancée pour qu’on ne s’ennuie pas, mais intéressante !

    Voilà, je vous souhaite à tous les deux de bonnes heures de discussion, parce que je ne pense pas que vous allez vous arrêter là 😉

    • Jean-Yves
      juin 27 2013

      Ah oui, j’ai lu « Pourquoi j’ai mangé mon père », il y a quelques années, il faudrait que je le relise avec mon point de vue actuel!
      J’essaierai également de me procurer « Sa majesté des mouches »

      Merci!

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  1. Notre corps est-il adapté à la consommation de viande ? Réponse aux arguments végétariens… | SPORT IS EVERYWHERE

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